Préparer le redémarrage économique

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Il y a quelques semaines, j’ai participé à un think tank organisé par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), intitulé « République Centrafricaine : les enjeux de la stabilisation », et je souhaiterais partager quelques réflexions avec vous.

Il m’a été demandé quelles étaient les perspectives pour le redémarrage économique du pays et j’ai répondu que cela devait passer par plusieurs étapes. Je vous propose d’évoquer les premières en espérant susciter le débat. 

Aujourd’hui, la situation économique est très préoccupante. D’après les chiffres du FMI, la République Centrafricaine a connu en 2013 une forte récession, avec une baisse de son PIB de 14,5%.
Les prévisions initiales indiquaient une croissance de 3%, comme pour les années précédentes, mais les évènements dramatiques que connaît le pays ont malheureusement stoppé cette dynamique.

En retrouvant la stabilité, le pays retrouvera la croissance. Et en instaurant une paix durable, soutenue par un régime démocratique, nous avons toutes les raisons de croire que le développement sera encore plus rapide qu’auparavant. 

Il nous faut donc absolument œuvrer pour une stabilisation du pays, première condition du redémarrage économique.
Les pertes enregistrées durant l’année 2013 sont colossales et le secteur privé est en danger. Le GICA (Groupement Interprofessionnel de Centrafrique), qui contribue pour 25% au budget de l’État, compte près de 40 milliards de Francs CFA de pertes matérielles depuis un an. Et la situation peine à s’améliorer. Si l’activité ne reprend pas, les pertes vont s’accentuer, les résultats vont chuter et les recettes fiscales seront fortement affectées. Ce qui nuira évidemment à la reconstruction du pays.

La première étape est donc simple : il faut gérer l’urgence d’une situation insupportable pour les populations et réunir les conditions du redémarrage économique. Cela passe notamment par la sécurisation des échanges, avec une fiabilisation des axes de transports internationaux. Je songe notamment aux transactions avec le Cameroun qui connaissent de grandes difficultés depuis plusieurs mois, paralysant bien des activités. 

Ces actions sont donc urgentes pour préparer l’avenir : soutenir les populations, sécuriser les activités et fiabiliser les transports. Il sera alors temps de construire, en inventant un nouveau modèle de développement pour notre pays.