Interview dans Afrikaweekly

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YVON KAMACH: « LES ACTEURS ÉCONOMIQUES DOIVENT MONTRER L’EXEMPLE ET CONSTITUER UNE FORCE POUR LE PAYS. »

Retrouvez mes réponses au site AfrikaWeekly, le 5 décembre 2014.

Que représente le groupe Kamach aujourd’hui ?

Le Groupe Kamach s’appelle maintenant KGROUP et articule ses activités autour de quatre axes : l’exploitation forestière et minière, l’industrie et les services, la distribution, l’immobilier et les banques.

Nous sommes essentiellement présents en République Centrafricaine, à travers nos entreprises emblématiques : la SCAD, Dameca, K-Mat, K-Market, K-menuiserie, K-bois, K-motors, K-logisticis, etc.

Que représente-t-il pour l’économie centrafricaine ?

C’est le premier employeur privé du pays, avec environ un millier de salariés. En ce sens, notre responsabilité est grande : nous jouons un rôle important pour de nombreuses familles, sur l’ensemble du territoire, et nous contribuons à l’essor national depuis 40 ans.

Aujourd’hui, la situation est difficile et nous mettons tout en œuvre pour participer à la stabilisation du pays.

Quelle est la situation économique du pays aujourd’hui ?

La situation évolue lentement et la crise est loin d’être résolue. L’activité est réduite et il est toujours difficile de travailler : les conditions ne sont pas encore réunies pour relancer l’économie.

Que faire et comment faire pour redynamiser le secteur économique en cette période ?

Nous sommes toujours dans une période d’urgence. La priorité est de gérer cette situation qui ne se stabilise malheureusement pas. Tant que le pays ne connaîtra pas une paix durable, il n’y aura pas de réelle dynamique économique.

Il faut donc aider les populations et sécuriser le pays.

Ensuite, il faudra fiabiliser nos infrastructures pour permettre un redémarrage. Je pense notamment aux axes de transports nationaux et internationaux.

Alors, nous pourrons envisager une nouvelle dynamique, en luttant contre la pauvreté et en mettant en place un nouveau modèle de développement.

Il sera temps de construire, en veillant à ne pas reproduire les erreurs du passé !

Quel est le rapport du secteur privé au politique ?

Le secteur privé est au cœur de l’économie du pays et pourtant il n’est pas assez soutenu. Nos entreprises sont régulièrement pillées, depuis longtemps, et rien n’est jamais fait pour les indemniser ou les protéger.

Pourtant, ce sont elles qui font vivre le pays et qui contribuent au fonctionnement de l’État. Par exemple, le Groupement Interprofessionnel de Centrafrique (GICA) contribue pour 25% au budget étatique. Or, depuis 18 mois, les pertes sont énormes et, si nous ne sommes pas aidés, ce sera encore plus difficile pour le pays de se relever.

Comment comptez-vous apporter votre contribution dans la crise humanitaire centrafricaine ?

Depuis le début de la crise, j’essaie d’agir à différents niveaux pour contribuer à sa résolution.

En tant que Pdg de KGROUP, je dois déjà garantir l’activité de mes salariés pour qu’ils puissent soutenir leur famille. De plus,  les entreprises du groupe sont au cœur de la vie centrafricaine et je dois veiller à ce qu’elles continuent à jouer leur rôle malgré les difficultés.

Je suis également Président de la Fondation Joseph Ichame Kamach, qui soutient des actions humanitaires dans le pays. Cela va souvent de paire avec mon rôle de Consul Général Honoraire de Turquie, puisque je fais le lien entre des organisations turques et les opérations sur le terrain.

Enfin, depuis quelques mois, j’ai créé la Fondation Centrafricaine pour la Paix et la Démocratie, dont le think tank « Fini Sêse » a pour objectif de faire émerger de nouvelles solutions pour le pays.

Comment comptez-vous vous diversifier ?

KGROUP souhaite se développer aux niveaux national et international par variations de périmètre. Notre priorité est de consolider notre activité en République Centrafricaine et de la diversifier, puisque nous estimons qu’il y existe encore de nombreuses opportunités. Mais cela ne pourra évidemment se concrétiser qu’une fois la paix revenue. Par ailleurs, nous tissons depuis longtemps de nombreux partenariats en Afrique et dans le reste du monde. Nous voulons ainsi jouer un rôle à l’échelle du continent pour contribuer à son essor et accroître notre présence en Europe, aux USA et en Chine par exemples.

Quel message pouvez-vous adresser aux opérateurs économiques dans ce contexte ?

Les opérateurs économiques sont le coeur de l’activité du pays, le renouveau ne peut passer que par eux. Ils ont un rôle moteur à jouer : malgré la difficulté, il faut s’adapter et avancer, chacun à son niveau, en relançant l’économie. Les entreprises de KGROUP sont dans cette logique. Les acteurs économiques doivent montrer l’exemple et constituer une force pour le pays.